La guerre tarifaire fait grimper le prix de certains aliments
Les contre-tarifs imposés par le gouvernement canadien en riposte aux droits de douane de l’administration Trump forcent les transformateurs et les épiciers à augmenter le prix de certains aliments, selon des acteurs de l’industrie agroalimentaire. Les petits épiciers indépendants en particulier ont vu le coût des produits sur leurs étagères augmenter, indique Gary Sands, vice-président principal de la Fédération canadienne des épiciers indépendants. Il soutient que ces entreprises ont généralement des marges d’environ 2 %, ce qui les force à refiler les hausses de coûts à leurs clients. En réponse aux tarifs douaniers américains, le gouvernement fédéral impose depuis le 4 mars des droits de douane de 25 % sur des marchandises américaines dont la valeur des importations annuelles s’élève à 30 milliards $. Le jus d'orange est un des produits où les hausses de prix liées aux contre-tarifs sont les plus visibles. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau Plusieurs produits alimentaires font partie de la liste des produits touchés, notamment le jus d'orange, certaines baies, les noix, le ketchup et les crevettes. Selon le professeur d’économie agricole Stuart Smyth, les contre-tarifs se répercutent déjà sur l’indice des prix des aliments achetés en magasin, qui a grimpé à 3,2 % en mars. Parmi les produits touchés par les droits de douane, les hausses de prix sont particulièrement visibles sur le jus d’orange. Sur le site de Loblaws, le contenant de jus d’orange sans pulpe Simply Orange (nouvelle fenêtre) préparé au Canada est affiché à 7,69 $ (0,50 $/100 ml), alors que le jus Tropicana (nouvelle fenêtre) qui provient des États-Unis coûte 8,72 $ pour un plus petit format (0,64 $/100 ml). Les contre-tarifs font également augmenter le coût de certains intrants des producteurs canadiens, indique Michael Graydon, PDG de Produits alimentaires, de santé et de consommation Canada (PASC). Par exemple, les producteurs de tomates en conserve qui s’approvisionnent aux États-Unis doivent payer des droits de douane sur les tomates depuis début mars. D’autres produits fréquemment utilisés dans la production d’aliments, comme le café, le chocolat et les noix, sont aussi sujets à des contre-tarifs. Selon M. Graydon, la plupart des producteurs absorbent pour l’instant ces hausses de coûts en attendant d’avoir plus de clarté sur la politique tarifaire à long terme de l’administration américaine. Changer de fournisseurs comporte toutefois de nombreux obstacles pour les petits épiciers, qui ont un pouvoir d’achat limité comparativement aux grandes enseignes. Les épiceries indépendantes ont plus de difficulté que les grandes enseignes à changer de fournisseurs pour éviter les effets des contre-tarifs, selon Gary Sands, de la Fédération canadienne des épiciers indépendants. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross À cet effet, Michael von Massow, professeur d'agriculture à l’Université de Guelph, souligne la bataille que se livrent les épiciers pour acheter des oranges qui ne proviennent pas des États-Unis, par exemple celles de Turquie et d’Afrique du Sud. Selon lui, les entreprises qui achètent en plus grande quantité sont habituellement priorisées par les fournisseurs, ce qui veut dire que les plus petits épiciers peuvent être incapables de modifier leur approvisionnement. M. Sands indique par ailleurs que certains épiciers ont de la difficulté à vendre des produits américains qu’ils ont déjà en stock, ce qui ajoute une pression financière supplémentaire. Le vice-président de la Fédération canadienne des épiciers estime que les prix des produits visés par les contre-tarifs pourraient continuer à augmenter dans les prochaines semaines. Lorsque les fournisseurs souhaitent augmenter leurs prix, la plupart des grands détaillants exigent des explications pour justifier ces changements, explique M. Sands. Le processus de négociation peut prendre de six à douze semaines, selon lui, ce qui signifie que certaines hausses de prix liées à la guerre commerciale ne sont pas encore visibles sur les tablettes. M. von Massow rappelle toutefois que les consommateurs prêts à éviter les produits américains devraient être épargnés par la majorité des augmentations de prix. D’après un texte d'Abby Hughes, de CBCLorsque vous avez de telles marges, si les producteurs d’aliments vous imposent des augmentations de quatre, cinq, six ou parfois plus de 10 %, vous transférez cela aux consommateurs et il n'y a aucun moyen de contourner cela
, note-t-il.
Des aliments transformés au Canada également touchés
Les défis de changer de fournisseurs
Les consommateurs l'indiquent très ouvertement : ils s'attendent à voir le plus possible de produits canadiens sur les étagères
, soutient Gary Sands, de la Fédération canadienne des épiciers indépendants.Je travaille pour cette association depuis 25 ans et je n'ai jamais rien vu de tel
, ajoute-t-il.
Les effets commencent seulement à se faire sentir
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